Au commencement, il n’y avait rien. Et puis le système-colonial capitaliste a vu le jour. 

L’origine de la crise climatique se trouve sans nul doute à cette période. Quelle est cette origine ? Et comment peut-on en être si sûr ? Venez et plongez avec moi dans les abysses de l’Histoire

Ce que j’appelle « système colonial-capitaliste », sans autre forme de procès, décrit le système reposant sur la manière qu’a trouvé l’occident pour s’accaparer les ressources du monde dans son unique profit. En effet, lorsque les premiers marins posent pieds sur sol asiatique, africains ou américains, ils y trouvent des ressources nouvelles apparemment en abondances.  Il n’aura pas fallu attendre longtemps, dès les premières découvertes, pour constater à quels point les nouveaux venus étaient attirés par l’appât du gains. Les portugais mettent en place l’esclavage à Sao Tomé et la « VOC» Hollandaise pille l’Asie jusqu’à rendre les Pays-Bas immensément riche.

En Europe, les colons sont mis à mal par la prise de Constantinople. Les prix des denrées rares explosent et en réaction, ils décident de se risquer à de nouvelles voies commerciales. C’est, dans la continuité des grandes découvertes, le début de la colonisation.

En Asie du sud-est, la course à la conquête coloniale a vu naître l’une des entreprises les plus puissantes de l’histoire, la « compagnie des Indes orientales ». Cette entreprise est créée par plusieurs hommes d’affaires britanniques qui s’associent pour profiter des immenses richesses découvertes en Asie. Et, pour la première fois dans l’histoire pour une entreprise de cette taille, un système d’action est mis en place pour financer les grands voyages. Pour certains elle peut être considérée comme la première entreprise capitaliste de l’histoire.

Les portugais arrivés en Afrique mettent en place rapidement des échanges commerciaux avec les locaux. Il vendent denrées européennes comme l’alcool, des armes et autres, en échanges d’esclaves. Dans un premier temps, ils cherchent à échanger ces esclaves contre de l’or. Puis, sous l’impulsion de leur roi qui demande d’augmenter la production de sucre, ils décident de tenter une expérience. Est-ce que les esclaves produisent suffisamment pour qu’il soit plus rentable de les garder. La réponse est oui, bienvenue dans l’ère de l’esclavagisme.

Cette ère concorde aussi avec l’apparition du racisme. En effet, l’esclavage aura existé presque partout, en tout temps, sans jamais toutefois devenir un système de domination globalisé à l’encontre d’un groupe ethnique précis.

Mais alors, quels rapports entre colonisation, racisme, capitalisme et écologie ?

Pour mieux comprendre cette relation fondamentalement liée à la crise climatique, il faut faire un bond dans le temps.

En cours d’économie sur la durabilité j’entend un professeur nous expliquer comme il serait important d’un point de vue éthique pour les entreprises et leurs clients que les conditions de travail au Bangladesh soient améliorées. Il explique également que ça n’a toutefois aucun impacte sur nous. Si je peux être d’accord avec la première affirmation, la deuxième m’a troublé sans que je puisse l’expliquer directement.

Le Bangladesh faisait parti de ce que l’on appelait les « Indes Orientales ». Ils ont subi, au même titre que leur voisin, la loi coloniale des années durant. Et bien que les indépendances formelles aient été prononcées, l’aliénation économique de ces pays est sans commune mesure. Ils dépendent largement, encore aujourd’hui, de leurs anciens maîtres pour survivre.

En premier lieu, ils, produisent des biens en masse à des prix dérisoires pour les revendre au intermédiaires occidentaux qui toucheront la plus grande part du profit. Secondement, alors que les lois et traités en occident ont largement évolué pour de meilleures conditions de travail, pour l’interdiction des produits nocifs pour les hommes et les bêtes, etc., les anciennes colonies comme le Bangladesh sont mises au travail forcé de part un système économique cannibales ne leur laissant d’autres choix. Dans ce « marche ou crève » moderne, l’aliénation des uns fait la richesse des autres.

Ce qu’il est important de comprendre au travers de cet exemple, est que, à mes yeux, le système colonial n’est pas mort, il a simplement changé de veste. Les multinationales qui emploient à des prix dérisoires, ne se privent pas non plus d’utiliser les méthodes les plus directes, les moins coûteuses et donc souvent les plus polluantes, quitte à ignorer toutes les règles internationales.

Un exemple ? Les décharges de bateaux en Inde. D’après des traités internationaux signés par de nombreux pays, il n’est plus possible de laisser un bateau à l’abandon lorsqu’il est en fin de vie. Il faut appliquer une procédure stricte de dépollution à cause des fluides, des gaz, des batteries, de l’amiante parfois, mais aussi des plastiques, etc.

La solution ? Mettez le bateau sous pavillon indien et abandonnez-le sur une décharge à ciel ouvert (plus communément appelé une plage) pour qu’il soit démonté directement dans l’eau (déversant ses liquides polluants et mettant en danger les ouvriers jamais proprement équipé). Ça ne coûte rien ou presque.

Des exemples comme celui-ci, il en existe des centaines et des milliers (si vous en voulez plus, la liste des dingueries réalisées par Nestlé à de quoi vous occuper). Ce qu’il disent sur notre système économique actuel est qu’il profondément inégal. La balance penche systématiquement du même côté.

Nous avons hérité d’un système profondément injuste dont nous ne sommes pas responsables. En revanche, nous avons le devoir de modifier la tendance. Non seulement pour une question éthique, mais aussi de part les conséquences potentielles sur la planète au même titre qu’à cause des responsabilités inégalement partagée dans la catastrophe qui s’annonce.