Lorsqu’on parle des grandes figures pour la lutte contre le réchauffement climatique, à part Greta Thunberg, peu de personnes viennent en tête directement. Mais si vous avez déjà lu l’article sur le système colonial-capitaliste, vous ne serez pas surpris de m’entendre parler de Thomas Sankara.
Président de la Haute – Volta (une ancienne colonie française) dès les années 80, il renomme le pays en « Patrie des Hommes Honnêtes », qui se traduit par Burkina Faso. Les ambitions du bonhomme posées, passons à la suite.
Il n’y a que très peu de chefs d’Etats à son époque conscients de la menace climatique comme il l’a été. Dès son arrivée au pouvoir, par un coup d’état en 1983, les réformes entamées sont très ambitieuses. Dans la continuité de ses positions anticoloniales et anti-impérialistes, il pose l’autonomie de son pays comme un but à atteindre.
Par autonomie, il entend la capacité du Burkina Faso à subvenir entièrement aux besoins de sa population. Si cette ambition tient plus des considérations précédentes, l’autonomie au sens de l’autosuffisance est une ambition aujourd’hui tant partagée par les défenseurs du climats que les indépendantistes. Il s’agit non seulement de concrétiser les mots de Woodrow Wilson quant à l’autodétermination des peuples, mais aussi, dans la perspective écologique, de réduire fortement les émissions des Etats au travers d’une simplification des moyens de productions des biens. « Produire ce dont on a besoin, ni plus, ni moins ».
Sankara reconnaît, dès 1986 lors d’une conférence à Paris, la nécessité de lutter contre le déboisement et les feux de forêts. Il mets en place à ce titre parmi les première lois écologiques de l’histoire en limitant la possibilité de déboiser.
Dans un pays fort peu développé au sens occidental, la nécessité de construire des écoles pour instruire son peuple, permet également d’y poser les bases de l’éducation Burkinabé. Ainsi, dans de nombreux villages, il sera proposé une éducation à la question climatique. Cette éducation est notamment passée par la construction de foyers améliorés.
L’indépendance pour Thomas Sankara signifiait « l’équilibre et l’harmonie entre l’individu, la société et la nature ». à ce titre, sa lutte contre la désertification, fléau majeur au Sahel, devient un enjeu de la souveraineté nationale. Il instaurera une campagne gigantesque pour la reforestation de la région. En 15 mois, ce ne sont pas moins de 10 millions d’arbres qui seront plantés. Il ira même jusqu’à instaurer la reforestation dans la culture populaire. Désormais, chaque mariage, inauguration ou anniversaire, doit s’accompagner de la plante d’un arbre.
L’exemplarité, voilà probablement la meilleure manière de convaincre s’agissant du climat. Sankara et son administration, suivront à la lettre ce concept. Fini les Mercedes luxueuses des chefs d’états. Faites place à la Renault 5 modèle familial de l’époque.
Ce qui frappe le plus lorsqu’on parle de l’homme n’est pas tant qu’il a fait ceci ou cela, c’est plutôt le tout mis ensemble vis-à-vis des conditions dans lesquelles il a du prendre ces décisions. Toutes ces actions pour le climat, sont réalisées dans un des pays les plus pauvres de l’époque, alors que mille autres priorités auraient pu prendre le pas. Ce qui est formidable ici est la conscience qu’avait Sankara de l’enjeu, 7 ans avant que ne soit formée le GIEC.
Les pays les plus pauvres étant généralement les plus touchés, ce n’est pas anodin que ces décisions aient été prises. À ce titre, il est particulièrement regrettable de ne pas avoir pu voir jusqu’où les actions climatiques du pays auraient pu aller.
En effet, Sankara connaîtra une fin brutale, assassiné par son bras droit de toujours, Blaise Compaoré, il meurt en 1987, probablement pour son discours sur la dette. Alors qu’il proposait aux pays d’Afrique de se libérer de leurs entraves néo-colonialiste, il n’a pas eu la chance de mener se projet au bout non plus.
Nombreux sont ceux qui se rappelle de lui pour autre chose que ses actions pour le climat, je tenais simplement à rendre hommage à l’un des plus grand visionnaire de notre ère à ce sujet.